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Mes voyages et ... Dieu !

 

Quand j'étais petit, non seulement je n'étais pas grand, mais en plus je parlais souvent du "Petit François qui vallait faire un grand voyage.". Moi, je ne m'en souviens pas, mais c'est ce qu'on m'a souvent répété, surtout ma sœur qui fut la première de la famille à faire vraiment de grands voyages ! Avec cette phrase, je ne crois pas que je pensais que j'allais vraiment faire de grands voyages, mais c'était sans doute une prémonition.

Enfants, nous ne sommes jamais allés très loin en famille : juste les pays voisins de la Belgique (France, Luxembourg, Allemagne, Pays-Bas et Royaume-Uni). En 1969, je vivais mes dernières vacances familiales, avec mes parents et mon frère Bernard : nous allâmes en Autriche, et c'était sans doute mon plus grand voyage de mon adolescence !

Plus tard, quand j'eus une voiture, je me souviens être parti avec mon amie Martine en Italie. Arrivés à la frontière italienne, le douanier nous adressa quelques mots, et - n'ayant rien compris - je me suis tourné vers Martine en lui disant "On fait demi-tour ?". Elle m'en a heureusement dissuadé et cela me permit de découvrir qu'on pouvait manger des pâtes en entrée, suivies de pâtes en plat principal et d'un dessert fait d'une tarte à la pâte délicieuse. Mais le temps du voyage, je m'étais quand même bien juré de ne plus retourner dans un pays aussi étrange(r) que l'Italie ! (Je n'ai bien sûr et heureusement pas respecté cette stupide promesse.)


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En avril 1980, je décidai qu'il était temps d'aller dire bonjour à ma sœur Monique qui vivait aux États-Unis avec son excellent mari Steve et ses deux charmants enfants, Scotty et Kevin. Je pris donc l'avion pour la première fois : un petit saut jusque Amsterdam, puis un grand saut jusque New-York. Ma grande angoisse était de retrouver ma valise : je me demandais bien comment elle allait faire pour arriver jusqu'à NY sans que je m'en charge ! Mais je l'ai retrouvée. Elle était pleine de chocolats, et ce fut bien difficile d'expliquer cela à la douane, mais enfin, on a fini par me laisser passer. J'ai vite retrouvé Monique, et dès notre arrivée dans la voiture, j'ai sympathisé avec Kevin, 18 mois, tout heureux de rencontrer quelqu'un qui parlait français ! Aujourd'hui, je crois bien que Kevin ne connaît plus grand chose de la langue de Molière, mais à l'époque il ignorait quasiment tout de celle de Shakespeare ! Comme quoi, les temps changent. Et le plus grand changement, c'est que j'avais enfin fait un grand voyage !!!

J'attendis quelque temps avant de remettre ça. Passant la plupart de mes vacances à Gratte, je ne ressentais pas vraiment le besoin de voyager ! Mais en 1983, je décidai de concrétiser un projet qui traînait depuis un certain temps : aller aux USA avec mon frère Étienne et sa chaise roulante. J'avais "rencontré" Brigitte quelques mois plus tôt et je lui proposai de nous accompagner (ce fut d'ailleurs là-bas que je lui demandai de m'épouser, à condition que je puisse me marier en salopette : elle a accepté, mais moi, j'ai lâché sur la salopette...). Nous partîmes donc à 4, Lulu accompagnant Étienne. Voyage quelque peu homérique, avec notamment l'épisode du pneu éclaté sur la bande de gauche de l'autoroute, l'excellent réflexe de Steve pour se garer sur le parterre central, le déchargement de la voiture en plein soleil pour dégager la roue de secours, le constat que celle-ci est parfaite sauf qu'elle ne convient pas à la voiture, le départ de Steve vers d'éventuels secours, la longue attente surtout pour Étienne coincé dans la voiture sans climatisation, l'émerveillement de voir que de nombreuses personnes s'arrêtent pour proposer leur aide, leur étonnement de voir que le gars (moi) qui était assis dans une chaise roulante juste derrière la voiture se lève soudain pour les rassurer tout en ne pipant pas un mot d'anglais, le retour triomphant de Steve à bord d'une dépanneuse et avec en mains 2 litres de jus d'orange frais qui furent avalés en 30 secondes, et enfin le dépannage, Étienne restant seul dans la voiture accrochée. Bref, une histoire inoubliable, mais qui n'était pas vraiment faite pour me pousser à voyager...

Et je ne voyageai plus beaucoup, à part dans les pays voisins de la Belgique. Jusqu'au jour, en 1992, où travaillant au BIEF, Xavier, mon patron-collègue-ami, me déclara qu'on allait animer des séminaires sur les manuels scolaires pour l'École Internationale de Bordeaux. Cela me permit de découvrir l'Afrique, l'Asie, et même Vanuatu en Océanie, mais seulement par l'intermédiaire des stagiaires réunis à Bordeaux. Premier voyage pour le BIEF, mais qui ne me menait pas très loin. Cependant, au deuxième séminaire d'octobre 1992, tant qu'on y était, Xavier m'envoya faire une courte mission à ... Tunis. Ce fut - notamment - l'émerveillement de voir qu'on pouvait dîner dehors en pleine soirée du mois d'octobre et le début de nombreux autres voyages un peu partout dans le monde.

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Je suis loin du record des Papes, mais enfin j'ai quand même pas mal voyagé. À ce jour et sauf oubli, voici donc les pays qui ont eu la chance (???) de me voir :

Amérique
Europe
Afrique
Asie

Canada
États-Unis d'Amérique

Allemagne
Andorre
Autriche
Belgique
Croatie
Espagne
France
Grèce (Crète)
Hongrie
Islande
Italie
Luxembourg
Moldavie
Monaco
Pays-Bas
Pologne
Portugal
Roumanie
Royaume-Uni
Suède
Suisse
Tchéquie

Algérie
Burundi

Cap Vert
Comores
Congo (RDC)
Djibouti
Gabon
Madagascar
Maroc
Île Maurice (Rodrigues)
Mauritanie
La Réunion
Sénégal
Tunisie

Hong-Kong
Liban
Thaïlande
Turquie
Vietnam

Finalement, rien de très extraordinaire, mais ce n'est quand même pas le lot du commun des mortels !

Dans la plupart de ces pays, je n'ai pas fait du tourisme, mais j'y ai travaillé, en contact direct avec les gens du pays. Et cela m'amène à parler de "Dieu"... parce que si ces voyages m'ont tous apporté quelque chose, je crois que l'apport le plus important est que ma compréhension de "Dieu" a fortement évolué à partir de toutes ces rencontres.

D'abord, un premier constat : "Dieu" est partout... Inévitablement, dans tous ces pays, à un certain moment on parle de "Dieu". C'est ce qui semble animer toutes ces personnes. "Dieu", je ne l'ai jamais rencontré et je ne sais donc pas s'il existe ! Mais partout dans le monde, j'ai rencontré des personnes qui vivent de "Dieu", avec plus ou moins de passion. L'intensité de ce vécu de "Dieu" n'a pas beaucoup d'importance, mais "Dieu" semble partout présent et occuper une place centrale.

Je ne sais pas si "Dieu" existe mais je sais qu'il existe par les hommes (et les femmes bien entendu...), parce qu'ils vivent de lui. Sans les hommes, "Dieu" n'existerait pas. Mais par les hommes, "Dieu" vit et fait vivre. En écrivant cela, je ne fais pas vraiment un acte de foi. Juste un constat. Et la question de savoir ce qui serait premier - "Dieu" ou les hommes - est la même que celle de l'œuf et de la poule. Ils n'existent jamais l'un l'autre que parce que l'autre existe et lui donne vie par sa vie. Sans hommes, pas de "Dieu"... mais sans "Dieu", pas d'hommes. Cela, je l'ai profondément ressenti tout au long de mes voyages.

Mais que de différences entre les hommes dans ce "vécu de Dieu" ! Que de religions ! J'écris ce texte en étant au Liban. Voilà bien un endroit où la diversité des religions est immense et profondément intégrée dans la vie quotidienne. Pour moi, à force de côtoyer des "vécus de Dieu" multiples et différents, je n'ai pu être amené qu'à constater la vacuité de ces différences. Elles sont purement culturelles, liées à la culture dans laquelle on a grandi. Je me sens chrétien, parce que je suis né dans une famille catholique, tout comme je me sens francophone, belge, européen. Mais Moubareck se sent profondément musulman et appelle son "Dieu" Allah parce qu'il est né en Mauritanie. Quang, né au Vietnam, vénère le culte des ancêtres. Tous ces gens qui "vivent de Dieu" le nomment à travers un certain langage, et rien n'est plus culturel que le langage. Allah, Dieu, Boudha, Yavhe... qu'importe le nom. Pour moi, c'est fondamentalement toujours du même "Dieu" qu'il s'agit. Le "Dieu" des hommes.

Ces différences culturelles, cultuelles, sont essentielles. Car chacun de nous ne peut se définir que par rapport à sa culture. Que puis-je répondre à la question "qui suis-je" ? Je suis François-Marie Gerard, ce qui veut dire que je suis nourri de la culture de la famille Gerard. Je suis psychopédagogue, ce qui veut dire que je suis nourri de la culture de la science pédagogique. Je suis belge, ce qui veut dire que je suis nourri de la culture belge, la belgitude. Je suis "chrétien", ce qui veut dire que je suis nourri de la culture chrétienne... Toutes ces cultures me nourissent, ce qui veut dire que c'est par elles que je vis, que je grandis, que je trouve des forces... Des cultures, il y en a presqu'autant qu'il y a d'individus... Elles sont toutes respectables et nécessaires. La culture ne peut être que plurielle.

Le problème, c'est que l'homme qui a peur n'est pas toujours prêt à accepter la différence, parce qu'il se sent menacé. Menacé dans ce qu'il est fondamentalement, menacé dans sa culture. Et le sommet de la culture s'exprime dans les religions. Alors, quand quelqu'un se sent menacé dans sa culture de "Dieu" par une autre culture de "Dieu", souvent - malheureusement - il devient menaçant lui-même. C'est absurde, mais c'est comme ça. Que de guerres au nom de "Dieu" ! Que de morts ! Cela n'a vraiment aucun sens : "Dieu" ne peut jamais vouloir la mort de l'autre, puisqu'il n'existe que par l'autre, puisque l'autre n'est jamais que lui-même... même s'il s'appelle autrement, même s'il n'a pas la même culture. Ce n'est bien sûr pas facile à accepter, parce que trop souvent on a peur. Surtout quand l'autre attise la peur. Et c'est un cercle vicieux : tu as peur de moi, alors tu me fais peur ; j'ai peur de toi, alors je te fais peur. Et malheureusement, trop souvent, faire peur, c'est tuer. Cela n'a aucun sens, mais c'est comme ça.

On est mal embarqué, depuis la nuit des temps. Cela ne date pas d'hier. Malgré tout ce qui se passe d'absurde dans le monde d'aujourd'hui, je suis personnellement fondamentalement optimiste. Parce que l'homme progresse. Je l'ai vécu dans mes voyages : les différences existent, mais la plupart des hommes les acceptent et les respectent. Malgré les extrémistes et autres intégristes, il y aura de plus en plus d'hommes et de femmes qui respecteront les différences. Le respect total n'est bien sûr pas pour demain, ni même pour après-demain. Mais un jour, cela viendra. Je ne sais pas quand et cela n'a pas d'importance. J'aurais tendance à écrire qu'à ce moment, l'homme sera devenu "Dieu", mais je sais que cela choquerait de nombreuses personnes. Alors, je ne l'écrirai pas. Mais je crois que l'homme va inévitablement vers l'Unité, grâce au respect de la Différence.

Tout cela, et bien d'autres choses, je l'ai appris dans mes voyages. Et c'est bien sûr ce qui explique le premier couplet de ma chanson 50 ans ainsi que tout ce que j'écris sur mon blog Réverbères !

 


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